En toute hypothèse (épisode 48)

en toute hypothÈSE (épisode 48)


« – Bonjour Monsieur, vous allez ouvrir la classe là ?  »

– « Je suis un élève » me disait-il en se détournant de moi.
Effectivement c’était un élève et il avait 22 ans, je me suis retrouvé dans une classe, avec des gars de toutes sortes, des mecs de cité, certains qui avaient des allures d’intellos mais qui a priori, ne l’étaient pas, et des gars à peu près normaux…
Comme mon père n’en avait pas fini avec ses espoirs mis sur moi, il voulait que j’aille dans le lycée où mon oncle avait passé son BTS. Je ne voyais pas trop le rapport mais j’ai fini par y aller. Comme c’était loin, il fallait que la semaine d’école j’aille dormir chez cet oncle en question. Les premiers mois, le lycée était situé à Vincennes, puis a déménagé à Alfortville, ce qui me faisait encore plus de distance.
Je venais de passer 3 semaines sur le chantier à galérer, à faire le manœuvre, je n’avais rien appris du tout de ce qu’on était censé m’inculquer alors que la plupart des garçons de ma classe avaient eux appris à souder du cuivre.
Alors, comme au collège, à peine arrivé et déjà largué. A la fin de la première semaine, deux groupes se distinguaient, les soi-disant intelligents, et ceux qui venaient pour rigoler, et moi je faisais partie de ceux-là.
Si bien que le 1er vendredi, celui que l’on surnommait « poisson » en référence au film « Rai » voulu rejoindre notre équipe, et pour le bizuter, Mickaël et Nordine avaient sorti deux extincteurs du lycée. Avec les autres nous l’avions encerclé en marchant et sans qu’il ait pris feu, ce pauvre jeune homme surnommé « poisson » se faisait asperger de poudre. Avec le recul, je trouve ça complètement débile mais à 16 ans et avec l’effet de groupe on est prêt à se laisser engrainer.
Lui, ne nous en a pas voulu, il en rigolait même mais ça ne se faisait quand même pas !
Il y avait aussi Christophe que l’on avait surnommé « Christouphe » en rapport à sa coupe de cheveux, toujours des tee-shirts de Bob Marley, ceux que l’on trouve sur les étales de marché.
Lui aussi on aimait bien le rendre fou…
J’avais fait écouter mes deux titres à la plupart de ma classe, et j’entendais certains dire :

– « Ouais, bof ! »

Mais au lieu de me remettre en question, je me disais « c’est des jaloux »

Alors pour me rassurer, quelques jours plus tard je repassai au freestyle de Skyrock à 20h30 au téléphone.
Il n’y avait pas d’invité ce jour-là, mais Fred de planète rap avait dit :

« -Rolala Hypotez, tu fais partie d’un groupe toi ?

– Ouais, la Gangrène.

– Franchement, tu as déchiré, et reviens quand tu veux ! »

Et voilà que je me sentais rassuré…

en toute hypothÈSE (épisode 48)


« – Bonjour Monsieur, vous allez ouvrir la classe là ?  »

– « Je suis un élève » me disait-il en se détournant de moi.
Effectivement c’était un élève et il avait 22 ans, je me suis retrouvé dans une classe, avec des gars de toutes sortes, des mecs de cité, certains qui avaient des allures d’intellos mais qui a priori, ne l’étaient pas, et des gars à peu près normaux…
Comme mon père n’en avait pas fini avec ses espoirs mis sur moi, il voulait que j’aille dans le lycée où mon oncle avait passé son BTS. Je ne voyais pas trop le rapport mais j’ai fini par y aller. Comme c’était loin, il fallait que la semaine d’école j’aille dormir chez cet oncle en question. Les premiers mois, le lycée était situé à Vincennes, puis a déménagé à Alfortville, ce qui me faisait encore plus de distance.
Je venais de passer 3 semaines sur le chantier à galérer, à faire le manœuvre, je n’avais rien appris du tout de ce qu’on était censé m’inculquer alors que la plupart des garçons de ma classe avaient eux appris à souder du cuivre.
Alors, comme au collège, à peine arrivé et déjà largué. A la fin de la première semaine, deux groupes se distinguaient, les soi-disant intelligents, et ceux qui venaient pour rigoler, et moi je faisais partie de ceux-là.
Si bien que le 1er vendredi, celui que l’on surnommait « poisson » en référence au film « Rai » voulu rejoindre notre équipe, et pour le bizuter, Mickaël et Nordine avaient sorti deux extincteurs du lycée. Avec les autres nous l’avions encerclé en marchant et sans qu’il ait pris feu, ce pauvre jeune homme surnommé « poisson » se faisait asperger de poudre. Avec le recul, je trouve ça complètement débile mais à 16 ans et avec l’effet de groupe on est prêt à se laisser engrainer.
Lui, ne nous en a pas voulu, il en rigolait même mais ça ne se faisait quand même pas !
Il y avait aussi Christophe que l’on avait surnommé « Christouphe » en rapport à sa coupe de cheveux, toujours des tee-shirts de Bob Marley, ceux que l’on trouve sur les étales de marché.
Lui aussi on aimait bien le rendre fou…
J’avais fait écouter mes deux titres à la plupart de ma classe, et j’entendais certains dire :

– « Ouais, bof ! »

Mais au lieu de me remettre en question, je me disais « c’est des jaloux »

Alors pour me rassurer, quelques jours plus tard je repassai au freestyle de Skyrock à 20h30 au téléphone.
Il n’y avait pas d’invité ce jour-là, mais Fred de planète rap avait dit :

« -Rolala Hypotez, tu fais partie d’un groupe toi ?

– Ouais, la Gangrène.

– Franchement, tu as déchiré, et reviens quand tu veux ! »

Et voilà que je me sentais rassuré…